samedi 5 mars 2016

2012 – Yunnan Sourcing's Mu Shu Cha "Ancient Arbor", Mengku, Lincang, Yunnan Sourcing


Informations et provenance : Thé produit et vendu par Scott de Yunnan Sourcing, il est mentionné dans sa description qu'il a été fait de feuilles d'arbres aux âges entre 100 et 300 ans provenant des environs de Bing Dao, ce fameux village de plus en plus connu et réputé de la région de Mengku.
Maintenant, ne soyons pas naïf, "des environs de Bing Dao" ("near Bing Dao" en anglais), ça peut vouloir dire n'importe quoi...
Quoi qu'il en soit, ce thé est toujours disponible à la vente au moment où j'écris ce billet et vu les stocks indiqués, il y a de fortes chances que ce soit le cas encore quelques années.

(Dégustation du 16 février 2014)


Détails d'infusion : 5 gr. / 125 ml en LongDan DuanNi. Eau filtrée Brita, chauffée en continu à 100°C en bouilloire de verre. Rinçage flash. Temps d'infusion : 15s. - 10s. - 15s. - 20s. - 25s. - 30s. - 40s. - 60s. - 2m. Total de 9 infusions.


Vue : En ouvrant le petit sachet d'échantillon, je suis surpris de constater qu'il n'y a que des feuilles -- aucun morceau de galette en vue, rien pour les distinguer d'un maocha hormis quelques feuilles collées ensemble et le fait qu'elles soient aplaties. Si j'en crois ce que je vois, la galette doit être du genre si peu compressée qu'elle se défait en soufflant dessus !
Quoi qu'il en soit, les feuilles en question sont pour la plupart de taille moyenne, allant du brun clair au chocolat foncé -- certaines d'entre elles ont des tiges assez longues. Mouillées, elles prennent une belle couleur vert clair qui rappelle leur teinte d'origine.
La liqueur, elle, forme un peu d'écume qui fuit vite et est donc difficile à photographier. D'un jaune clair légèrement argenté, elle est très limpide dès la première infusion.


Odeur : À peines sorties de leur petit sachet, les feuilles embaument la pièce. Posées dans la théière chaude, elles dégagent des parfums très forts de raisin jaune et d'abricot sec -- parfum qu'elles conservent même une fois mouillées tant qu'elles sont chaudes (une fois refroidies, elles prennent des odeurs fumées et acides comme ont souvent les feuilles de puerh).
La liqueur est très fragrante, légèrement acide et sucrée à la fois, avec des arômes de cassonade et de cannelle. Sous le couvercle et dans le fond de tasse, c'est le musc sucré qui prédomine.


Goût : Une pointe de musc, une pointe de fumée -- ça laisse en bouche les saveurs retrouvées en fin de tasse, avec en plus une petite fraîcheur sur le devant de la langue. Il y a une saveur résiduelle sous le musc qui me rappelle l'épinette fraîche et le raisin jaune sec que je retrouvais dans l'odeur des feuilles sèches -- c'est très original et jusqu'ici, j'aime beaucoup.
L'évolution des saveurs est très lente. Jusqu'à la quatrième tasse, aucune amertume, puis elle arrive l'espace d'une infusion en amenant avec elle des saveurs d'herbe, d'écorce humide et de fumée légère (ça me rappelle un peu l'odeur des cigarettes Gauloises) mais disparaît tout aussi vite sur la cinquième qui du coup est un vrai jus de fruits. Sur les dernières infusions, j'ai l'impression de boire les odeurs de fond de tasse -- musc et fruits secs à gogo.

Le profil gustatif me rappelle un peu les deux premières infusions de la Yi Pin Quan -- beaucoup de musc qui reste en bouche, pas mal de fruits, des saveurs de résine légère -- en un peu plus brouillon quand même. Cette absence d'amertume nuit tout de même à l'endurance je trouve, car du coup pour en trouver des traces j'ai tendance à pousser un peu les temps d'infusion sur la fin. C'est le premier puerh qui me donne envie de le tester en gaiwan pour voir s'il ne serait pas un peu plus incisif.
Quoi qu'il en soit, c'est doux et lumineux, ça tombe pile dans le type de profil gustatif que j'aime mais ça n'a peut-être pas la puissance nécessaire pour vieillir correctement. Reste à voir ce qui arrivera à tout ce sucre dans quelques années...


Texture : La liqueur est plutôt légère et fluide au début, avec un assèchement de la bouche après quelques gorgées. Cependant celle-ci s'épaissit dès la deuxième infusion pour donner quelque chose de finement gras, comme de l'huile de tournesol. Les saveurs restent longtemps en bouche, cependant comme mentionné plus tôt, ça manque un peu d'endurance et on doit pousser les temps sur la fin.
Cela dit -- quel Cha Qi ! Il rend d'excellente humeur et plein d'énergie dès la deuxième infusion, et à la troisième une chaleur envahit le corps entier. C'est parfait pour l'hiver, les journées de pluie moroses ou simplement pour les jours où on se sent déprimé.


Sons : J'accompagne cette dégustation de "Praan", composé par Garry Schyman et interprété par Palbasha Siddique -- une chanson que je trouve absolument magnifique, qui reprend les paroles d'un poème Bengali de Rabindranath Tagore dont le titre signifie "Source de vie" ("Stream of Life" en anglais).
Aussi belle soit-elle, cette chanson n'est rien sans la vidéo qui l'accompagne. Si vous lisez bien l'anglais, la petite histoire est ici (que je me ferai un plaisir de résumer en commentaire si quelqu'un le demande). L'enthousiasme de tous ces gens est touchant et me rend heureux par proxy -- chaque fois que je regarde cette vidéo, je finis avec un grand sourire et parfois avec les larmes aux yeux.
Et donc pourquoi accompagner ce thé de cette chanson, de cette vidéo exactement ? C'est très simple -- ça n'a rien à voir avec le thé lui-même, mais avec ses couleurs. Les couleurs que je vois sur ce thé sont pratiquement les mêmes que celles que je vois sur la chanson. Comment alors ne pas les accoler ?


Couleurs : Une brume de couleurs douces (vert clair, jaune et orangé) est superposée de couleurs vives (rouge, bleu vif, vert et jaune). Alors que la brume a des mouvements calmes qui me rappellent les vagues de la mer, les couleurs plus vives explosent et tournoient dans tous les sens comme des feux d'artifices. L'ensemble est très dynamique et, j'admets, probablement l'un de mes préférés.

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