jeudi 3 mars 2016

2012 – Yunnan Sourcing "Xin Ban Zhang", Banzhang (Bulang Shan), Bulang, Xishuangbanna, Yunnan Sourcing


Informations et provenance : Arrivé chez moi dans une pile d'échantillons récemment, ce thé a été récolté en 2012 dans la région que l'on appelle Xin Banzhang -- "Nouvelle Banzhang", autrement dit une région limitrophe à Lao Banzhang, l'un des terroirs les plus réputés du Yunnan. Sans atteindre les prix astronomiques de Lao Banzhang, le prix de base de cette galette est quand même très haut pour un sheng de deux ans.
Outre la description de Scott et les commentaires sur Yunnan Sourcing, je n'ai pas trouvé de compte-rendu sur le net. Si vous l'avez goûté et avez envie d'en faire part, vous connaissez la procédure...

(Dégustation faite le 17 février 2014.)


Détails d'infusion : 5 gr. / 100 ml en terre Purion. Eau filtrée Brita, chauffée en continu à 100°C en bouilloire de verre. Rinçage flash. Temps d'infusion : 10s. - 15s. - 20s. - pause - 25s. - 30s. - 35s. - 40s. - 50s. - 60s. - suite au jugé. Total de 12 infusions.


Vue : La galette est moyennement compressée : l'échantillon est essentiellement constitué d'un gros morceau (dans lequel on voit encore la courbe des extrémités de la galette) qui se délite assez facilement à l'aide d'un pic. Je ne peux pas le défaire avec les doigts sans casser des feuilles cependant, d'où mon estimation de compression "moyenne" -- autrement dit pressage à la main par quelqu'un qui avait beaucoup de force dans les bras. ^^
Un peu d'écume s'échappe de la théière lorsque je verse l'eau pour la première infusion. La liqueur est d'un jaune clair qui n'est pas bien rendu sur les photos à cause du flash, relativement limpide -- j'ai vu mieux, mais j'ai aussi vu nettement pire.


Odeur : Les feuilles sèches ont une odeur bizarre -- "schteuf" comme dirait Vincent. Est-ce du malt ? C'est léger, un peu poussiéreux, difficile à définir mais pas désagréable.
Dans la théière humide, sous le couvercle et dans le fond de tasse, ce sont les abricots mûrs, le musc et le sucre fruité qui ressort. C'est doux, il n'y a pas une énorme complexité pour l'instant, les parfums ne sont ni très forts ni très marqués, mais c'est un mélange qui me plaît.


Goût : Plus encore que les saveurs, c'est le kuwei -- l'amertume qui se transforme en sucre sur son passage -- qui me marque. Malgré des saveurs sur des notes acides et amères de foin coupé et d'herbes sèches, c'est très doux, un peu amer, très sucré après avoir avalé. J'aime.
La deuxième infusion est plus harmonieuse, les éléments semblent moins se succéder les uns après les autres pour plutôt se lier et travailler ensemble à porter les arômes. C'est amer mais rond, toujours ces notes herbeuses, avec une douceur de fond qui me rappelle le carré de Lao Banzhang 2011 -- en moins raffiné quand même.
Ça évolue très peu au niveau des saveurs dans les infusions suivantes -- de l'herbe, de l'amertume, du sucre, quelques notes de fruits... Par contre au fil des infusions se développe une saveur fumée de plus en plus forte et désagréable qui me gâche un peu le plaisir de la dégustation. C'est peut-être trop jeune ou, au contraire, plus assez jeune.


Texture : Épaisse mais lisse, la liqueur coule facilement en gorge en laissant un filin gras sur son passage. Les saveurs restent peu en bouche -- je les perçois plutôt au niveau des joues et à l'arrière de la langue, à l'endroit où elle s'arrête pour devenir la gorge -- mais une rétro-olfaction intéressante les fait remonter pendant quelques minutes.
Côté moins agréable, ce thé m'agite -- trois infusions et je me sens fébrile, en besoin d'action et d'activité physique. Je me sens comme un enfant de 3 ans dans un centre d'achat qui a besoin de faire pipi alors que ses parents tentent de mettre la main sur une paire de chaussures. Ce n'est pas la force tranquille d'un Lao Banzhang ni même d'un assemblage de Bulang...
Le crash énergétique survient cependant en l'espace de quelques heures, et de façon brutale d'ailleurs -- en quelques minutes je me suis retrouvé avec une telle fatigue que je me suis endormi en plein milieu de l'après-midi pour ne me réveiller qu'à 18 heures. C'est très semblable à l'effet que le café a sur mon organisme et l'une des raisons principales pour laquelle je n'en bois que rarement. À prendre en considération donc...


Sons : J'accompagne cette dégustation avec la pièce "Chime In", composée et interprétée par Kaitlyn Sue, une pièce inspiré par le film August Rush dont la musique est composée par Mark Mancina. À l'écoute, l'inspiration est évidente -- c'est même carrément un pastiche. Les notes rythmées de "Bari Improv" sont ici adoucies, mêlées de quelques notes qui rappellent "Dueling Guitars" ici et là... Bref c'est une jolie improvisation sur un thème que j'apprécie, et finalement ça colle assez bien au thé qui joue dans un registre "Bulang-esque" sans en avoir l'amertume parfois excessive ni la puissance de fond.



Couleurs : Pointes blanches lumineuses dansant sur un fond jaune légèrement texturé, en duo avec quelques volutes de brume vert mousse. C'est un numéro simple, le solo à pas de fées d'une étoile naissante qui découvre le monde.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire