jeudi 3 mars 2016

2010 – Bang Xie Maocha, Mr. Feng, Bang Xie, Shahe, Shuangjiang, Lincang, Puerh Asia


Informations et provenance : Dans mon gros paquet d'échantillons offerts par Sébastien (Vacuithé), il y avait trois thés un peu particuliers : trois versions du même thé, datées de 2010, 2012 et 2013. Une évolution dans le temps particulièrement intéressante à déguster mais surtout à mettre en comparaison les unes aux autres.
Les trois thés en question ont été discutés et mis en exergue dans l'article d'Olivier (puerh.fr / Puerh Asia) sur le terroir de Bang Xie -- un article très intéressant que je recommande à tous les amateurs de puerh et culture chinoise. À mon tour donc de me lancer sur ses traces, en commençant par la version 2010.
Merci Sébastien de m'offrir cette chance ! ^^


Détails d'infusion : 4.9 gr. / 150 ml en LongDan DuanNi et tasse de Julie Lavoie. Eau filtrée Brita, chauffée en continu à 100°C en Glass Kettle. Rinçage flash. Temps d'infusion : 15s. - 10s. - 20s. - 20s. - 25s. - 30s. - 40s. - 60s. - suite au jugé. Total de 10 infusions.


Vue : Le maocha est superbe, fait de fines feuilles effilées et de feuilles plus larges à moitié déroulées -- l'âge ou la fabrication ? Les teintes jouent dans un camaïeux de bruns, allant du beige foncé au marron sombre. La liqueur elle est plutôt foncée, surtout quand on la met en comparaison avec les thés du même âge que j'ai en galette -- nul doute que c'est dû au vieillissement en maocha plutôt qu'en galette compressée. D'une belle clarté avec un peu d'écume qui flotte à la surface des tasses, elle a une bonne tête qui donne envie d'être bue. =)


Odeur :Les feuilles sèches offrent des parfums que je ne peux identifier autrement que par le terme "animal" -- ça sent le fauve, ça sent le musc, ça sent le cuir... C'est le type d'odeur que j'attendrais dans un puerh beaucoup plus vieux ou peut-être un shu, du coup c'est plutôt étonnant.
Dans la théière préchauffée, la ligne "ça sent le vieux" se poursuit : odeur de poussière de grenier, poivre, bois sec, une pointe de fruits... vraiment particulier. Sous le couvercle, j'ai la même odeur que celle des feuilles mouillées : c'est très acide, avec quelque chose d'enivrant un peu difficile à décrire -- peut-être toujours sur la même lignée "animale" ?
La liqueur, elle, est au contraire très végétale. Ça sent les endives plus particulièrement, les légumes verts cuits... Mais une fois la tasse terminée, la porcelaine retient un parfum de musc sucré et fruité qui me rappelle les mirabelles ou même les fruits exotiques. C'est très très prononcé, l'odeur est présente avant même la dernière gorgée avalée. Ça c'est du fond de tasse qui me plaît !


Goût : La première infusion est très végétale au début, mais bifurque plus tard vers un mélange boisé/poivré. En fin de tasse j'ai quelques légères notes de fruits sucrés (mirabelles ?), davantage perçus dans les fosses nasales que sur la langue. Il y a une belle amertume qui présage bien de la suite.
La deuxième infusion change brusquement de direction et dévoile des notes de cuir très prononcées, avec du bois, de la fumée et une finale poivrée.
La troisième ? Ben maintenant c'est mentholé ! Qu'est-ce que c'est que ce thé qui change son pôle général à chaque infusion ?! Le côté boisé/poivré revient de temps en temps dans les différentes gorgées, il semble un peu joueur. Il y a une pointe de fumée acide qui me fait penser à du bois calciné plus qu'à une cigarette par exemple.
La quatrième infusion voit s'estomper le bois, la fumée et le poivre pour laisser place à du menthol et du camphre. Les retours rétro-olfactifs sont sur la menthe, avec une finale légère et zestée.
Par la suite, ça se transforme lentement et en douceur vers une liqueur plus zestée que mentholée, avec une pointe de fumée qui revient de temps en temps si on pousse un peu les infusions.


Texture : Ça pétille sur la langue, une sorte de chatouillis vraiment particulier, comme des milliers de petites bulles de champagne. La liqueur qui tapisse les parois de la bouche n'est ni huileuse, ni pleine d'aspérités -- c'est rond et doux, ça grattouille un peu le fond de la gorge mais pas désagréablement. L'amertume porte longtemps les saveurs qui effectuent de nombreux retours parfois surprenants via rétro-olfaction. Aucun effet notable sur le corps cela dit. 


Sons : "Mhysa", de Ramin Djawadi, est la chanson que j'ai choisi pour accompagner cette dégustation. Tirée de la trame sonore de Game of Thrones, une fois de plus (j'aime décidément la musique de cette série), c'est une pièce qui débute très calmement, avec une touche de mélancolie -- puis brusquement elle devient enlevante, puissante et passionnée. Si l'on compare ici avec le thé, on pourrait suggérer une inversion des thèmes -- avec un thé qui débute sur ses premières infusions avec de la passion, de la puissance, des découvertes étonnantes, puis qui s'assagit lentement sur des notes plus tranquilles, qui n'en sont pas moins intéressantes et agréables.



Couleurs : Un ballet de couleurs qui dansent sur un fond noir. Du vert menthe, du turquoise, quelques pointes de rose et de jaune, des volutes orangées -- elles oscillent comme agitées par des vagues en un mouvement lent de haut en bas, tout en convergent vers le centre.

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